Fonction SI dans Google Sheets : gérer plusieurs conditions (ET, OU, SI.CONDITIONS)
La fonction SI de Google Sheets ne teste qu’une seule condition à la fois. Pour combiner plusieurs critères, trois approches existent : SI + ET() (toutes les conditions doivent être vraies), SI + OU() (au moins une condition vraie), le SI imbriqué (conditions en cascade) et, plus lisible, SI.CONDITIONS(). Ce tutoriel donne la syntaxe exacte et des exemples testables, avec les séparateurs français (point-virgule).
ET() dans SI() :
=SI(ET(B2>=10; C2>=90); « Admis »; « Recalé »)
Pour accepter l’un OU l’autre critère, utilisez OU(). Pour classer une valeur selon plusieurs paliers, préférez SI.CONDITIONS() plutôt qu’une longue chaîne de SI imbriqués.
Rappel : la syntaxe de base de SI
Avant d’empiler des critères, on part de la structure élémentaire. La fonction SI évalue une condition et renvoie une valeur selon qu’elle est vraie ou fausse :
=SI(condition; valeur_si_vrai; valeur_si_faux)Exemple concret : afficher « Payée » si le montant restant dû (cellule B2) est égal à 0, sinon « À relancer » :
=SI(B2=0; « Payée »; « À relancer »)Séparateur : sur une feuille configurée en français, les arguments se séparent par un point-virgule (;). Si votre interface est en anglais, c’est la virgule (,) — Google Sheets adapte le séparateur à la langue du compte. Ce tutoriel utilise partout le point-virgule.
SI avec ET() : toutes les conditions doivent être vraies
La fonction ET() renvoie VRAI uniquement si chacune des conditions passées est vraie. On l’imbrique comme premier argument de SI :
Exemple — attribution d’un bonus commercial. Un vendeur reçoit un bonus si son chiffre d’affaires (B2) dépasse 10 000 € ET si son taux de satisfaction (C2, exprimé de 0 à 1) atteint au moins 90 % :
=SI(ET(B2>10000; C2>=0,9); « Bonus accordé »; « Non éligible »)Un pourcentage se saisit soit sous forme décimale (0,9 pour 90 %), soit avec le format pourcentage de la cellule. Notez la virgule décimale française : 0,9 et non 0.9.
SI avec OU() : au moins une condition suffit
La fonction OU() renvoie VRAI dès qu’au moins une condition est vraie. Utile quand plusieurs scénarios donnent le même résultat :
Exemple — accès prioritaire. Un client obtient un accès prioritaire s’il a le statut « VIP » (B2) OU s’il a passé plus de 100 commandes (C2) :
=SI(OU(B2= »VIP »; C2>100); « Accès prioritaire »; « Accès standard »)On peut mélanger ET() et OU() pour des règles composées. Exemple : livraison gratuite si le panier dépasse 50 € ou si le client est abonné et commande en semaine — chaque bloc logique reste entre ses propres parenthèses :
SI imbriqués : enchaîner les conditions en cascade
Quand le résultat dépend de paliers successifs, on imbrique un SI dans l’argument « valeur_si_faux » du SI précédent. Chaque niveau n’est évalué que si le précédent est faux.
Exemple — barème de notes. Convertir une note sur 20 (cellule A2) en mention :
=SI(A2>=16; »Très bien »; SI(A2>=14; »Bien »; SI(A2>=12; »Assez bien »; SI(A2>=10; »Passable »; »Insuffisant »))))Attention aux parenthèses : chaque SI ouvert doit être refermé. Ici, quatre SI ouverts = quatre parenthèses fermantes à la fin. C’est la source d’erreur la plus fréquente : au-delà de trois ou quatre niveaux, la formule devient difficile à maintenir. C’est là qu’intervient SI.CONDITIONS.
SI.CONDITIONS : la version lisible pour plusieurs critères
La fonction SI.CONDITIONS() (nommée IFS en anglais) évalue une série de couples condition ; valeur et renvoie la valeur du premier couple dont la condition est vraie. Plus besoin d’imbriquer : la formule reste sur une seule ligne logique.
Même barème de notes que ci-dessus, en bien plus clair :
=SI.CONDITIONS(A2>=16; »Très bien »; A2>=14; »Bien »; A2>=12; »Assez bien »; A2>=10; »Passable »; VRAI; »Insuffisant »)Le « cas par défaut » : SI.CONDITIONS ne prévoit pas d’argument « sinon ». Pour capturer tous les cas restants, on ajoute une dernière condition VRAI — toujours vraie — associée à la valeur par défaut. Sans elle, une valeur qui ne remplit aucune condition renvoie l’erreur #N/A.
Exemple — remise par palier. Appliquer un taux de remise selon le montant de la commande (B2) :
=SI.CONDITIONS(B2>=1000; 0,15; B2>=500; 0,1; B2>=100; 0,05; VRAI; 0)L’ordre compte : SI.CONDITIONS s’arrête à la première condition vraie. Placez donc les seuils du plus haut au plus bas. Une commande de 1 200 € vérifie B2>=1000 en premier et reçoit 15 %, sans jamais tester les paliers suivants.
Quelle méthode choisir selon votre besoin
| Objectif | Fonction à utiliser | Exemple d’usage |
|---|---|---|
| Décision binaire (2 issues) | SI seul | Facture « Payée / À relancer » |
| Plusieurs critères qui doivent tous être vrais | SI + ET() | Bonus si CA élevé ET satisfaction haute |
| Plusieurs critères dont un seul suffit | SI + OU() | Accès VIP si statut VIP OU >100 commandes |
| Classement par paliers (2–3 niveaux) | SI imbriqués | Petits barèmes hiérarchisés |
| Classement par paliers (≥ 3–4 niveaux) | SI.CONDITIONS | Barème de notes, grille de remises |
| Additionner selon plusieurs critères | SOMME.SI.ENS | Total des ventes « Femme » ET décembre |
Et pour additionner selon plusieurs critères ?
Si votre but n’est pas de classer mais d’additionner des valeurs répondant à plusieurs conditions, ne multipliez pas les SI : utilisez SOMME.SI.ENS() (SUMIFS en anglais). Elle additionne une plage en filtrant sur autant de couples plage ; critère que nécessaire, tous combinés en logique ET :
Pour un total conditionnel en logique OU (par exemple « Homme » ou « Femme »), on additionne deux SOMME.SI.ENS :
=SOMME.SI.ENS(Ventes;Catégorie; »Homme »;Mois; »Déc ») + SOMME.SI.ENS(Ventes;Catégorie; »Femme »;Mois; »Déc »)Erreurs fréquentes à éviter
- Parenthèses mal fermées : dans un SI imbriqué, comptez autant de parenthèses fermantes que de SI ouverts. Google Sheets colore les parenthèses par paires quand vous éditez la formule — servez-vous-en.
- Confondre ET et OU :
ET()exige que tout soit vrai,OU()se contente d’une seule condition. Inverser les deux renverse totalement le résultat. - Oublier le cas par défaut dans SI.CONDITIONS : sans une dernière condition
VRAI, les valeurs non couvertes renvoient#N/A. - Mauvais séparateur : point-virgule en français, virgule en anglais. Un séparateur qui ne correspond pas à la langue de la feuille provoque une erreur d’analyse (
#ERROR!). - Virgule vs point décimal : en interface française, écrivez
0,9et non0.9.
Bonne pratique : testez vos formules sur une petite plage couvrant tous les cas (valeur limite basse, haute, intermédiaire) avant de les recopier sur des milliers de lignes.
Questions fréquentes
Combien de conditions puis-je enchaîner dans SI.CONDITIONS ?
SI.CONDITIONS accepte de nombreux couples condition ; valeur, bien au-delà de ce dont un tableur métier a besoin en pratique. Au-delà d’une dizaine de paliers, envisagez plutôt une table de correspondance avec RECHERCHEV ou RECHERCHEX, plus facile à maintenir.
Quelle différence entre SI imbriqués et SI.CONDITIONS ?
Les deux traitent des paliers successifs. Le SI imbriqué reste utile pour deux ou trois niveaux, mais chaque niveau ajoute une parenthèse à refermer. SI.CONDITIONS écrit la même logique en une liste plate condition/valeur, sans imbrication : plus lisible et plus simple à déboguer dès trois ou quatre critères.
Pourquoi ma formule affiche #N/A avec SI.CONDITIONS ?
Parce qu’une valeur ne remplit aucune des conditions listées et qu’aucun cas par défaut n’est prévu. Ajoutez une dernière paire VRAI ; "valeur par défaut" pour capturer tous les cas restants.
Puis-je combiner ET et OU dans une même formule SI ?
Oui. Imbriquez-les : =SI(OU(ET(A;B); C); "vrai"; "faux"). Gardez chaque bloc logique entre ses propres parenthèses pour que la priorité des conditions reste explicite.
Faut-il écrire AND/OR ou ET/OU ?
Sur une feuille en français, utilisez ET() et OU(). Les noms anglais AND/OR sont acceptés par le moteur de calcul, mais l’interface française affiche et attend les noms francisés — mieux vaut rester cohérent avec la langue de la feuille.





